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L’avenir est multiplateforme

L’avenir est multiplateforme

Les plateformes de visioconférence et le Hub digital ibp (cabines virtuelles)

Comment utiliser différentes plateformes de vidéoconférence avec une solution d’interprétation simultané de qualité ? L’interprétation simultanée sur une plateforme peut maintenant se coupler avec notre système de cabines virtuelles d’interprétation simultanée.

La solution multiplateforme combine un outil d’interprétation simultanée excellent, l’AudioDesk© de iBridge People, avec la plateforme de visioconférence de votre choix. Les participants trouvent deux avantages : ils peuvent continuer à réaliser leurs échanges sur votre plateforme de visioconférence habituelle tout en ajoutant un système de cabines d’interprétation ergonomiques.

iBridge People est une solution de visioconférence avec interprétation simultanée. Il est possible de la combiner avec Zoom, GoToMeeting, Teams, etc.

Cabines d’interprétation ibp

Les cabines d’interprétation jouent un rôle important dans le dispositif d’interprétation simultanée digitale. Quelle est son importance ? Certes, les participants ne « voient » pas les cabines d’interprétation, n’ont pas accès à ce dispositif technique destiné au interprètes. Cependant, ils entendent les mots qui sont traduits et pour obtenir un résultat exact et précis l’interprète a une importance primordiale qui repose sur un outil fiable et convivial. Ainsi, un système de visioconférence doit être efficace à plus d’un titre, car à la difficulté de bien écouter les différents participants, s’ajoute celle d’une bonne traduction des paroles.

Quel est donc le rôle des cabines d’interprétation ? La réponse se trouve dans le rôle des interprètes. Ils sont le coeur même d’une conférence multilingue car mettent en relation de manière continue les discours des participants. Et ce, quelle que soit la langue ou le nombre de langues de votre réunion. Il est donc indispensable que tous les éléments soient de qualité afin d’exprimer les idées des uns et des autres en toute transparence.

Pour réaliser une interprétation simultanée fluide et de qualité, deux éléments sont indispensables : le relais et le handover.

Relais d’interprétation simultané

Lorsqu’une conférence comporte plusieurs langues, même les interprètes qui travaillent en trois ou quatre langues peuvent se trouver démunis. Ils seront face à des combinaisons de langues qu’ils ne maîtrisent pas. Pour résoudre ce problème, ils doivent écouter l’interprétation réalisée par une autre cabine. Exemple : dans une réunion avec du russe, du chinois ou du polonais, il est fort probable que les interprètes des autres cabines doivent écouter la traduction en français ou en anglais de l’interprète polonais. C’est le travail en relais. Vous trouverez une définition plus détaillée de cette modalité d’interprétation dans le livre de Miriam Shlesinger (Bar-llan University) en suivant ce lien : https://benjamins.com/online/hts/articles/rel1.fr

Handover : pour passer le micro entre les interprètes de la même cabine

Dans chaque cabine, les interprètes travaillent à deux, en s’alternant par tranches de 30 minutes chacun. Lorsqu’ils se trouvent dans des sites différents, pour se passer le micro l’un l’autre, iBridge People a développé un système qui assure cette transition sans difficultés. C’est le handover.

La plateforme de votre choix

Ainsi, la plateforme de votre choix couplée au système de cabines virtuelles de iBridge People est une solution optimale pour les participants et pour les interprètes.

Studio Digital Pro = Zoom + Hub ibp

Studio Digital Pro = Zoom + Hub ibp

plateforme d’interprétation simultanée optimisée pour les utilisateurs

Avec notre intégration native vous avez un choix qui rassemble une plateforme largement utilisée et une technologie d’interprétation de premier niveau.

Que doivent faire les participants à la réunion ? Rien de particulier, aucun effort à fournir car notre solution est clé en main : les utilisateurs se connectent à la séance Zoom et nous gérons l’interprétation simultanée en tâche de fond.

Pourquoi coupler Zoom à notre Hub digital ? Parce que notre système de cabines numériques a été conçu pour que les interprètes puissent travailler dans les meilleures conditions et donner libre cours à leur potentiel.

Pourquoi ne pas utiliser notre système complet ? En effet, une bonne question car notre plateforme est très intuitive et complète. Or, si les clients/utilisateurs sont habitués à une plateforme, au lieu de leur faire changer d’habitude nous leurs proposons un système qui s’adapte à eux. Si les participants sont à l’aise avec une plateforme en particulier, c’est un choix tout à fait compréhensible.

Comment ça se passe ? Notre système s’intègre à Zoom, en épargnant aux utilisateurs des efforts supplémentaires. Les participants reçoivent un lien unique, parlent et écoutent dans la langue de leur choix. Les connexions interprètes sont doublées pour parer à toute éventualité de panne de leur connexion habituelle.

Qu’est-ce qui est inclus dans l’offre ? C’est un système clé en main qui fournit :

  • La visioconférence sur plateforme Zoom
  • Le Studio Digital Pro d’interprétation simultanée (cabines d’interprétation)
  • La connexion interprètes doublée

Pas d’efforts supplémentaires.
Studio Digital Pro,
une solution clé en main.

Webinaire : Quelle place pour l’interprète en 2021 ?

Webinaire : Quelle place pour l’interprète en 2021 ?



Tendances en 2021 et nouveaux débouchés pour la profession

L’année 2020 aura été sans aucun doute l’une des plus difficiles pour la profession. L’épidémie a tout d’abord provoqué un arrêt brutal de la majorité de vos missions.

Puis, les professionnels que vous êtes, on su faire preuve de résilience en s’adaptant rapidement aux outils de RSI, permettant de poursuivre les missions à distance. Force est de constater que les interprètes travaillants sur notre propre système d’interprétation simultanée proposent à leurs clients des missions de très hautes qualités.

2021 sera quant à elle une étape essentielle dans le consolidation de la profession ! C’est pourquoi, nous souhaitons à travers ce court webinaire vous fournir des informations pertinentes, qui vous permettront de parfaire vos compétences digitale, d’obtenir plus de missions et d’anticiper la reprise des événements en présentiel.

Les principales thématiques que nous aborderons :

  • Les tendances pour 2021
  • Le digital au service de l’interprète
  • Le digital dans les missions présentielles
  • Pourquoi le RSI augmentera le volume du marché de l’interprétation simultanée ?

  • La certification d’expert de l’interprétation digitale (Gratuit)
  • Atelier informatique sur-mesure dédié aux interprètes
  • Liste de ressources pour mieux connaître l’environnement web
  • Courte présentation du nouveau pupitre interprète

  • Comment devenir partenaire iBridge People en tant qu’interprète
  • Questions/réponses

Nous continuons de vous accompagner !

Nos prochains webinaires : – Comment créer à moindre coût une cabine chez soi ou au bureau ? – Quels sont les outils indispensables à l’interprète en 2021 ? Comment garder contact avec ses clients et les relancer au bon moment pour ne pas rater la reprise des réunions et événements en présentiel.

N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et commentaires sur ibp@ibridgepeople.com

5 Situations d’interprétation simultanée

5 Situations d’interprétation simultanée

Lorsque nous pensons aux réunions internationales, voici ce qui nous vient en tête : les interprètes installés dans des cabines insonorisées, munis d’un casque et d’un micro, qui traduisent en temps réel les paroles des participants. 

Mais les interprètes doivent parfois effectuer leur travail dans d’autres situations, par exemple, aux côtés des participants, sans matériel technique autre qu’un calepin et un crayon. C’est ce que l’on appelle l’interprétation consécutive. Dans certaines conditions, l’interprète peut utiliser des « bidules », un système de casques récepteurs et d’un micro-émetteur. C’est une variante de l’interprétation simultanée, avec un équipement léger, utilisé aussi bien en salle qu’en visite de sites.

Dans cet article, nous allons décrire 5 situations d’interprétation auxquelles vous pourrez être confrontés, avec une description sommaire qui vous aidera à comprendre ce métier exigeant. 

1. L’interprétation de liaison sans matériel technique

Le premier cas c’est les visites de sites ou d’installations. L’interprétation s’effectue phrase après phrase et l’interprète reste assez libre car il a la possibilité de reformuler les questions et les réponses, afin d’apporter plus de précisions dans sa réponse. 

2. L’interprétation simultanée chuchotée 

La deuxième situation c’est l’interprétation simultanée chuchotée. L’interprète se positionne en retrait, à côté d’un des participants, d’où il peut chuchoter pour traduire les paroles énoncées au cours des échanges, afin que les autres intervenants ne soient pas dérangés par des coupures intempestives. 

Le chuchotage est donc une méthode d’interprétation simultanée. Elle ne nécessite pas de matériel technique. Cependant, cela peut être un exercice fatiguant pour les interprètes car chuchoter pendant un long moment est un effort particulièrement intense

Cette méthode d’interprétation peut aussi être mise à mal du fait de bruits perturbants la réunion, venant de l’intérieur, comme la ventilation ou à l’extérieur, telle que la pluie ou d’éventuels travaux qui rendent l’écoute difficile.

En outre, dans cette configuration, le décalage pour maintenir une distance optimale avec le discours original peut donner lieu à ce que l’on appelle un “spam d’oreille vocale” entre le moment où l’orateur commence à parler et le moment où l’interprète entame la traduction de ses mots. Plus cet écart est grand, plus l’interprète doit retenir des éléments du discours dans sa mémoire à court terme car il écoute et traite l’information en même temps qu’il interprète. Cela demande un énorme travail de concentration.

De manière opposée, si l’écart entre ces deux moments est trop court, l’interprète peut involontairement modifier la grammaire, la syntaxe et l’idée originale de l’orateur ; d’où l’importance pour l’interprète de trouver la distance optimale d’interprétation, qui commence à peu près 2 à 3 secondes après le début du discours. 

3. L’interprétation consécutive dans un contexte diplomatique

Passons maintenant à la troisième situation, qui correspond à une conférence internationale, telle que la conférence de Paris de 1919, qui constitue le premier événement au cours duquel on a pris conscience du besoin important en interprétation professionnelle. A cette occasion, c’est la consécutive longue qui a été la méthode d’interprétation privilégiée. En effet, les technologies n’étaient pas aussi développées qu’aujourd’hui, c’est le moins qu’on puisse dire. On privilégiait donc la prise de notes, et on faisait appel à des interprètes qui apprenaient leur métier « sur le tas ». 

En ce sens, les interprètes prennent des notes pendant le temps de prise de parole de l’orateur. Ensuite, la restitution est décalée puisque l’orateur s’arrête pour laisser place à l’interprétation, qui se base sur la prise de notes, avant de laisser l’orateur reprendre son discours. 

Cette interprétation nécessite un seul interprète qui mobilise toute son attention dans une prise de notes claire et précise, pour retranscrire à la fois les mots de l’orateur, mais aussi l’essence du discours, la tonalité et la conclusion de la prise de parole.

Cette méthode d’interprétation ne nécessite pas de matériel d’interprétation technique. Cependant, il faut noter que le temps d’intervention est doublé puisqu’il faut attendre que l’interprète s’exprime dans une durée à peu près équivalente à celle de la prise de parole originale.

4. L’interprétation simultanée sur plateforme digitale

Le mode d’interprétation le plus répandu fait appel à des éléments techniques tels que les « bidules » (casques récepteurs et micro-émetteur) ou des systèmes plus sophistiqués qui incluent une régie d’interprétation avec un technicien et des cabines insonorisées où se trouvent les interprètes. Or, ce dispositif vient de subir une modification profonde pour s’ajuster à des besoins de visioconférence ou d’événements hybrides qui font possible des réunions multilingues avec des participants aux quatre coins du monde.  

De nos jours, vous devez davantage être amené(e) à expérimenter cette quatrième situation, du fait de la consolidation des outils numériques, de la multiplication des systèmes de visioconférence et la limitation des déplacements. Par conséquent, les échanges entre les différents points qui relient les grandes entreprises dans le monde sont maintenus grâce à l’organisation de réunions internationales ou de conférences en ligne qui permettent aux représentants de différents pays de continuer à échanger.

Les services digitaux d’interprétation transforment profondément les réunions en ligne et permettent de traduire en temps réel toutes les langues, de sorte à gommer non plus la barrière linguistique mais également la distance physique entre les personnes parlant une même langue. Ainsi, des interlocuteurs ne parlant pas une langue commune peuvent néanmoins communiquer entre eux, où qu’ils se trouvent.

Cette prouesse est permise grâce à une technologie d’interprétation à distance sophistiquée, couplée au travail des interprètes professionnels disponibles les 24 heures, partout. Au cours d’une réunion à distance, une cabine virtuelle est disposée afin que les interprètes puissent traduire les propos échangés. Cela permet à la réunion de suivre son cours de manière transparente pour les participants, qui n’ont pas à se soucier de ce qui se joue au niveau technique, en coulisses. Ils peuvent également avoir un tchat écrit à disposition pour pouvoir s’exprimer à la fois à l’écrit.

Pour éviter une fatigue excessive et une interprétation qui pourrait se dégrader, il est indispensable de mobiliser deux interprètes sur un événement, afin de leur permettre de se relayer toutes les 30 minutes. 

En effet, l’interprétation simultanée permet une plus grande fluidité des échanges, il faut donc veiller à conserver cette aisance de communication en prenant soin des interprètes qui veillent à la traduction optimale des interventions, au cours des réunions et conférences ayant lieu en ligne.

5. L’interprétation simultanée dans des contextes hybrides

Lors d’événements ou de salons internationaux, l’interprétation simultanée relie l’événement présentiel et les acteurs distants, ce qui concourt au succès de votre présentation. Il va de soi que plusieurs dispositifs différents peuvent être mis en place. Ici nous allons faire mention du système nécessaire aux contextes hybrides, dans lequel un système d’interprétation sur plateforme numérique est relié à un système numérique afin de permettre l’interaction avec des acteurs distants.

Dans ce cadre, si vous souhaitez planifier un salon, un séminaire ou encore un congrès, vous avez la possibilité d’organiser un événement hybride afin de garantir l’interconnexion du système physique et des acteurs distants. Ainsi, les casques et les micros sont à disposition des participants présents dans l’espace de votre choix, tout en assurant la qualité des connexions reliées à la plateforme digitale. Ces installations permettent de créer un événement global qui inclut également des participants distants.

En ce sens, il n’y a pas d’obligation d’être sur place ou à distance, puisque l’on peut connecter des participants en salle avec d’autres à distance, peu importe qu’ils soient connectés via un PC ou un smartphone. Le but est de faciliter la connexion de chaque participant en effectuant le moins de manipulations possibles, où qu’ils se trouve

En résumé

On est passé de l’art d’utiliser la méthode d’interprétation consécutive avec une prise de note, à la possibilité de connecter un grand nombre de personnes, en même temps, sur un événement 100% en ligne, en à peine quelques années.

Le progrès technique de l’interprétation simultanée à distance est saisissant et démontre une nouvelle fois la capacité de l’être humain à faire face aux crises économiques et sociales avec une faculté d’adaptation hors du commun.

La pratique des événements hybrides est en train de s’ancrer solidement dans les habitudes du secteur événementiel. Cela permet d’entrevoir une sortie de crise de façon à intégrer la visioconférence dans le développement des entreprises. Les collaborateurs pourront désormais se connecter avec l’outil de travail collaboratif qui leur sied tel que Zoom, Teams ou directement via la solution iBridge People. Ce dernier permet à chacun d’entrer dans une salle de réunion virtuelle afin d’écouter dans sa propre langue et de parler dans toutes les autres.

N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et commentaires.

La naissance de l’interprétation simultanée

La naissance de l’interprétation simultanée

Le procès de Nuremberg, tenu par les tribunaux militaires en 1945, est souvent assimilé à l’avènement de l’interprétation de conférences, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui.

En réalité, une certaine confusion persiste entre l’interprétation consécutive et l’interprétation simultanée lors des conférences internationales et des réunions multilingues.

Dans cet article, nous allons vous donner quelques repères historiques pour mieux comprendre les différences fondamentales entre les formes d’interprétation de conférences telles que nous les connaissons aujourd’hui.

La conférence de la Paix en 1919 marque le début de l’âge d’or de l’interprétation consécutive

La conférence de la Paix tenue à Paris en 1919 

Cette conférence marque un tournant pour deux raisons ; la première c’est qu’il s’agit du début de la fin de la langue française comme langue diplomatique. Car le français a été un appareil dans l’aménagement des relations internationales. En effet, à partir du XVIIIe siècle, la langue française a remplacé le latin dans la rédaction des traités internationaux. L’usage prédominant de l’anglais à la conférence de la Paix de 1919 démontre donc le poids politique grandissant de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

La deuxième raison passe par la mise en évidence flagrante du besoin en interprétation, lors de cette conférence, car l’interprétation n’était pas une profession encadrée à l’époque. C’est ainsi que l’on faisait appel à des “gens intelligents sans autre guide que le bon sens de chacun et la pratique”. En effet, les interprètes étaient choisis pour leur connaissance des langues et des cultures ; ils apprenaient à interpréter “sur le tas” sur la base d’un cursus universitaire. Certains interprètes présents lors de la conférence de la Paix avaient été choisis pour avoir déjà effectué un travail similaire lors de la Première Guerre mondiale, ce qui leur a valu le respect et l’indulgence durant cet événement. Parmi eux, Gustave Camerlynck, Léon Dostert, Jean Herbert et le plus doué : Paul Mantoux, un exemple pour ses pairs.

Dans un premier temps, la consécutive longue a été la méthode d’interprétation privilégiée au cours de la Conférence de Paris. Elle a consisté à prendre des notes, sur base desquels étaient généralement rédigés les procès verbaux.

Ensuite, la consécutive courte, sans prise de notes, a été utilisée pour la traduction à vue de documents au cours des sessions qui se sont succédées. La méthode du chuchotage, quant à elle, servait à traduire les paroles des intervenants dans le cadre des commissions. 

Les premières lignes de définition des contours du métier d’interprète apparurent donc bien à la Conférence de Paris de 1919, puisque c’est à ce moment-là qu’on a commencé à se poser différentes questions déontologiques au sujet de ce statut peu connu à l’époque. Un interprète avait-il la capacité de nuancer les propos originaux ou pourrait-il modifier le registre original ? On s’attendait naturellement à ce que l’interprète ne dépasse pas la durée de parole de l’orateur, sans se poser la question du temps qu’il lui fallait pour écouter et traduire dans le même temps. En effet, les interprètes de cette époque ne pouvaient se reposer sur un environnement technique pour garantir une retranscription idéale de leur traduction, l’acoustique notamment ne jouait pas en leur faveur.

Dans la suite de l’article, nous nous intéresserons donc aux étapes par lesquelles le secteur est passé, en commençant par l’âge d’or de l’interprétation consécutive jusqu’à la naissance de la simultanée.

L’âge d’or de l’interprétation consécutive

Durant la période de l’entre-deux-guerres, les besoins en interprétation ont continué à augmenter à la Société des Nations qui est devenue l’actuelle Nations Unies. Les pigistes sont donc appelés en renfort, ce qui constitue une grande nouveauté pour l’époque.

Dans ce contexte, il n’existait pas encore une formation spécialisée d’interprète, la collectivité pensait que la compétence d’interprétation était innée. Donc les interprètes venaient de tous bords : universitaires ou fonctionnaires des affaires étrangères. La plupart était des hommes, issus de la classe moyenne supérieure européenne. Ils souhaitaient accéder au métier d’interprète, considéré comme supérieur au métier de traducteur, bien que le concours d’entrée à la Société des Nations était le même pour les deux professions.

Jésus Baigorri, interprète ayant exercé sur le terrain aux Nations Unies et enseignant à l’université de Salamanca, clarifie cette dichotomie dans la perception de cette activité. En effet, le métier d’interprète demande une grande rigueur dans la connaissance du protocole et une culture générale solide, ajoutés à la maîtrise de l’art oratoire, au fait de voyager souvent et de travailler avec des personnalités respectées. Par conséquent, l’interprétation a commencé à attirer toutes les convoitises des gens du milieu, ce qui a naturellement engendré l’augmentation des rémunérations et l’amélioration des conditions de travail.

Les réunions internationales se multiplient en même temps que le besoin en interprètes croît. En ce sens, la première école d’interprètes est fondée à Genève par Antoine Velleman pour répondre à la création de nouveaux organismes internationaux telle que la Cour permanente de Justice internationale et la Croix-Rouge. 

Durant l’âge d’or de l’interprétation consécutive, chaque interprète pratique sa propre méthode ; les uns prennent des notes pendant que les autres se fient uniquement à leur mémoire. Cependant, l’interprétation consécutive multilingue vient alourdir la tâche, il faut donc introduire des méthodes plus efficientes. C’est dans cette démarche que démarrent les premiers essais techniques pour faciliter l’interprétation simultanée, qui donne naissance au système d’interprétation simultanée moderne, pendant le procès de Nuremberg.

L’amélioration de la technologie entérine l’interprétation simultanée

La méfiance des interprètes vis-à-vis du progrès technique

A cette époque, l’innovation technique était perçue comme une menace. Pour les interprètes professionnels, l’arrivée de l’interprétation simultanée était égale à la disparition d’une certaine fascination pour le métier, voire à sa dissolution totale. 

Cependant, on ne pouvait pas nier le problème principal posé par l’interprétation consécutive : le manque de spontanéité dans les débats et l’allongement de la durée des échanges. C’est pour pallier ce problème que l’homme d’affaires Boston Edward Filene entreprit de présenter une idée révolutionnaire aux inventeurs de l’époque tels que Thomas Edison ou Cardy. Le projet est finalement confié à Gordon Finlay qui testa, le premier, la technique simultanée dans un laboratoire prévu à cet effet afin d’interpréter des notes sténographiques. Le problème c’est qu’un interprète ne peut pas lire des notes prises par un autre. Malgré des premiers essais peu concluants, le bilan de l’expérimentation montre les modalités techniques nécessaires à la mise en place d’une bonne interprétation simultanée. 

En ce sens, Boston Edward Filene investit dans l’optimisation du procédé pour une adoption du système de façon permanente à l’OIT de 1928. Les principaux avantages mis en avant sont les gains de temps et d’argent liés à l’usage de l’interprétation simultanée.

De cette expérience sont nées des prérogatives importantes pour le monde de l’interprétation :

  • Privilégier le travail d’une durée équivalente à un maximum d’une demi-heure d’affilée pour chaque interprète

  • Prévoir au minimum 2 interprètes au cours d’une réunion ou d’une conférence afin de permettre l’alternance et le repos de chaque collaborateur tout au long de la durée de l’événement

  • Disposer des textes à l’avance pour permettre à chaque interprète d’effectuer des recherches préalables et complémentaires sur lesquelles il pourra s’appuyer au cours de l’exercice de ses fonctions

Cette nouvelle technologie a également permis d’ouvrir les perspectives de travail aux interprètes du monde entier, étant dorénavant jugés davantage sur leurs qualités d’interprète que sur leur origine sociale.

Le passage de l’interprétation consécutive à l’interprétation simultanée au procès de Nuremberg

On ne pensait pas à cette époque que les interprètes pouvaient écouter et parler en même temps… Et pourtant ! 

Au procès de Nuremberg, les accusés, les témoins et les membres du Tribunal ne parlaient pas tous nécessairement la même langue et n’étaient pas non plus polyglottes. Il fallait donc leur permettre de communiquer facilement et rapidement.

Dans cet exercice, les difficultés étaient autant d’ordre technique et liées à l’adoption des équipements de Filene-Finlay acquis par IBM, que d’ordre humain. En effet, de nombreux interprètes étaient réfractaires à travailler avec ce procédé qui leur était inconnu jusqu’alors. La plupart travaillait déjà au sein d’organismes internationaux, ne souhaitant pas sacrifier un emploi stable à temps plein et encore moins aller vivre dans une ville complètement détruite par la guerre.

Ce sont donc les délégations du Tribunal militaire qui se sont chargées de trouver des candidats avec très peu d’expérience. De plus, le temps étant compté, les nouvelles recrues n’ont eu droit à pratiquement aucune  formation préalable au procès. Face aux enjeux historiques de cet événement, les interprètes ont encore une fois appris « sur le tas » et seuls les meilleurs ont su se démarquer. Aux vues de tous ces éléments ainsi qu’à la mauvaise insonorisation des cabines et à la qualité médiocre des acoustiques, ils ont bénéficié de la tolérance des diplomates qui percevaient le travail d’interprète, dans ces conditions, comme une prouesse.

En résumé

Le métier d’interprète a mis du temps à définir ses contours. En effet, il est passé par de nombreuses expérimentations pratiques et techniques avant de mettre en avant son caractère indispensable au cours des conférences ayant lieu partout dans le monde, des réunions internationales, et des événements physiques et digitaux.

A la conférence de Paris de 1919, c’est la consécutive longue avec prise de notes qui a joué un grand rôle dans le développement des méthodes d’interprétation. En effet, cette méthode consiste à laisser parler l’orateur pendant un long moment, tout en prenant des notes de manière à se souvenir du discours, afin de le retranscrire de la manière la plus adéquate.

Lors du procès de Nuremberg en 1945-46, la simultanée apparaît comme l’alternative indispensable à la consécutive pour faciliter le travail des interprètes et réduire la durée des débats tout en permettant une communication plus spontanée entre les participants qui pratiquaient différentes langues. Bien que les conditions techniques et humaines étaient tout de même laborieuses à l’époque, l’introduction de la simultanée fut un franc succès en termes de gains de temps et de budget.

N’hésitez pas à nous envoyer vos questions et commentaires sur ibp@ibridgepeople.com

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Source : 

  • Baigorri Jalón, J. (2004) : De Paris à Nuremberg : Naissance de l’interprétation de conférence, traduit de l’espagnol sous la direction de Clara Foz, Ottawa, Les Presses de l’Université d’Ottawa, 289 p.